L’école finlandaise, un modèle d'éducation dont pourrait s'inspirer la France ?


Ce petit pays arrive régulièrement en tête du classement scolaire PISA de l’OCDE.

Sa recette : du pragmatisme et… des moyens.


Le prochain classement PISA sera dévoilé par l'OCDE en 2022.


Comment se positionne la France parmi les pays participants ?

Dans la dernière étude PISA, la France occupe la 26e place sur 72 pays évalués. Elle se situe tout juste dans la moyenne de l’OCDE mais loin derrière la Finlande, le Japon,

le Canada, l’Allemagne ou la Belgique.

Ce qui est principalement reproché à la France, c’est une relation très forte, de l’ordre de 20 %, entre les performances et le milieu socio-économique de l’élève, alors qu’à titre de comparaison ce taux n’est que de 13 % en moyenne au niveau de l’OCDE.

Son manque de performance et son manque « d’équité sociale » soulignés dans l’enquête PISA sont résumés ci-dessous :


  • Le manque de performance : Les résultats français en termes de performance en sciences, mathématiques et compréhension de l’écrit sont moyens et ne progressent pas par rapport aux enquêtes précédentes. Ainsi, l’école française se divise en deux catégories, celle des bons élèves dont la proportion est stable et supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE et la seconde catégorie, celle des élèves en difficulté toujours plus nombreux et supérieurs à la moyenne de l’OCDE.

Ces résultats sont préoccupants car ils soulignent que l’école française est bien plus inégalitaire que la plupart des écoles des pays de l’OCDE.

Cette inégalité est aussi accentuée par le manque « d’équité sociale ».

  • Un manque « d’équité sociale » : En 2015, les inégalités au niveau de la performance en sciences des élèves issus de différents milieux socio-économiques sont toujours aussi fortes que dans les années précédentes. Ce critère est aggravé par l’insertion professionnelle difficile des jeunes les moins qualifiés. Cette situation est d’autant plus inquiétante car selon PISA il existe un lien très étroit entre l’équité et la performance générale d’un système d’éducation, à savoir que la capacité d’un système à faire progresser les élèves en difficulté améliore la qualité générale du système et donc sa performance globale. Or en France, plus on vient d’un milieu défavorisé, moins on a de chances de réussir. Ce constat inclus de fait, les élèves de 15 ans issus de l’immigration.


Les bons résultats de la Finlande, l’élève « modèle »

Déjà en 2000 la Finlande était en tête des 32 pays et depuis cette date, elle conserve sa place sur le podium avec :

  • Une proportion plus élevée d’élèves à bon niveau ;

  • Une plus faible disparité de performances entre les différents élèves ;

  • Une faible proportion d’élèves en « bas de l’échelle » ;

  • Une très faible variation des résultats par établissement ;

  • Une forte capacité à corriger les effets des inégalités sociales.

Quelles sont les vertus du modèle finlandais ?

Plusieurs raisons expliquent la performance de l’école finlandaise, on peut les regrouper en deux catégories distinctes ; celles qui relèvent de la culture et des institutions du pays et celles, plus pédagogiques et relationnelles, qui sont liées à l’enseignant.

Une analyse a permis de recenser 12 critères de réussite distincts regroupés dans l’une ou l’autre de ces catégories.


1er critère de réussite : la Finlande cumule les « trois objectifs éducatifs »

  • L’objectif éducatif : dans ce modèle, l’école forme des citoyens bien éduqués qui seront capables de trouver une « place de manière harmonieuse dans le groupe et la nation », capable de devenir des « gentlemen » intégrés à la société.

  • L’objectif d’insertion dans la vie professionnelle : l’école permet à ses jeunes de trouver un métier et pour cela elle doit répondre aux besoins de l’économie du pays. Les jeunes y trouvent donc relativement facilement une place professionnelle.

  • L’objectif de transmission de connaissances : Le rôle de l’école et de son représentant, l’enseignant est ici de transmettre des connaissances.


Alors que plusieurs pays, comme la France, répondent plus nettement à l’un ou l’autre de ces objectifs, en l’occurrence pour la France l’objectif de transmission des connaissances,

la Finlande réussit l’exploit de combiner ces trois objectifs de manière harmonieuse.


2e critère de réussite : l’objectif national de « l’éducation fondamentale »

Ainsi, comme mentionné très clairement dans le « Basic Education Act de 1998 » le premier objectif de l’éducation scolaire finlandaise est « d’aider les élèves à croître en humanité et à devenir des membres éthiquement responsables en société ». Il est aussi de leur fournir les connaissances et les compétences nécessaires à la vie (…). Dans le cadre de cet enseignement fondamental on retrouve sept thèmes transversaux obligatoires


A l’école, de l’âge de 7 à 16 ans une priorité absolue est donnée à des critères de citoyenneté comme « devenir une personne », « responsabilité face à l’environnement », « citoyenneté participative et monde de l’entreprise » qui vont donc favoriser l’usage de pédagogies orientées vers le développement personnel, le respect des autres, l’élève « citoyen » et donc donner à travers de nombreuses activités, beaucoup de sens aux apprentissages.

De plus, durant ces neuf premières années de scolarité, l’élève finlandais ne subira aucune sélection. Ce n’est qu’à l’âge de 16 ans, lors de son entrée au lycée, que s’opérera une sélection plus élitiste (ce qui est moins le cas en France). Ainsi environ 55 % des élèves poursuivent des études générales et 37 % d’entre eux s’orientent vers des études professionnelles alors qu’en France, ce dernier taux n’est que de 29 %.

Cet écart important entre les deux pays s’explique par la forte sélection dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire en Finlande, par la relative « bonne » image de l’enseignement professionnel dans ce pays et par une préparation à l’orientation efficace dans le cadre des années « collège » dès l’âge de 13 ans.


3e critère de réussite : une profession attractive et sélective

Dans les années soixante-dix, une réforme a renforcé la formation des enseignants et l’a rendue très sélective. Aujourd’hui en Finlande, les enseignants ont une image « d’experts hautement qualifiés », très investis dans leur travail et très proches de leurs élèves. Ceci est d’autant plus marqué car en Finlande, nombreux sont ceux qui pensent que l’éducation est le principal vecteur de l’ascension sociale.

Être enseignant est donc une belle réussite sociale qui offre une carrière prestigieuse et suscite le respect d’autant plus que les études pour devenir enseignant sont sélectives et peuvent atteindre sept ans (car elles incluent de nombreux stages). Cette image très positive permet aux enseignants d’effectuer leurs missions sereinement, en toute confiance et d’être donc de ce fait, plus performants. De plus, les « subject teachers » c’est-à-dire l’équivalent des professeurs de collège et lycée chez nous, suivent un double cursus d’études jusqu’au niveau master. Ils sont, comme chez nous, spécialisés dans leur discipline mais atteignent le même niveau de connaissances et de compétences en formations pédagogiques.

Ces connaissances complètent de nombreux stages qui leur permettent de « développer librement et en autonomie des conceptions et pratiques personnelles fondées sur des connaissances solides et aptitudes à analyser des situations et des problèmes auxquelles ils seront confrontés ». En d’autres termes, ils sont donc « armés » pour faire face aux différents problèmes pédagogiques et comportementaux qu’ils seront amenés à rencontrer dans leurs classes et sauront aisément et efficacement y faire face.


4e critère de réussite : un salaire plus attractif qu’en France et de bonnes conditions de travail


Depuis 1990, le recrutement des enseignants est décentralisé et se fait directement par les municipalités, les écoles et les lycées. Après un ou deux ans en tant que contractuels les enseignants sont titularisés et deviennent fonctionnaires municipaux. L’enseignant finlandais a un salaire légèrement inférieur à celui des pays de l’OCDE mais cependant supérieur de 28 % à l’enseignant français ! De plus, son service n’est que de 15 heures par semaine, ce qui lui laisse du temps pour se consacrer à de nouvelles pédagogies innovantes,

de pratiquer de la pédagogie différenciée ou d’accompagner certains élèves en difficultés. Les classes sont constituées en moyenne de 25 élèves, parfois moins pour celles confiées à des professeurs spécialisés dans l’accompagnement des élèves en difficultés. En France, ce chiffre est comparable pour le primaire et le collège mais atteint en moyenne 30 élèves (et parfois 35) par classe au lycée général et technologique. Les salles de cours sont spacieuses, très propres et équipées de matériels audio et informatiques performants. L’enseignant dispose d’un espace de travail personnel, de nombreux ouvrages pédagogiques et de repas gratuits… De plus, la liberté pédagogique et créative de l’enseignant est totale grâce à la reconnaissance de sa compétence disciplinaire, didactique et pédagogique. De nombreux moyens sont mis en œuvre pour lui permettre une mise à jour régulière de ses connaissances grâce par exemple à des lectures spécialisées ou à des échanges dans différentes communautés de travail d’experts indépendants. Cette totale reconnaissance et confiance est illustrée par le fait qu’il n’y a plus d’inspection en Finlande depuis plus de vingt ans. Enfin, les enseignants participent aux programmes locaux (d’établissement, de la ville…) et entretiennent avec leur « supérieur hiérarchique », le chef d’établissement des relations non hiérarchisées dans une bonne ambiance. Il est également à noter que le chef d’établissement est toujours et obligatoirement un ancien professeur, ce qui favorise un management éclairé et participatif.


5e critère de réussite : les trois facettes d’un bon professeur en Finlande

Selon Paul Robert, les institutions finlandaises attendent trois principales compétences de leurs enseignants ; ainsi l’enseignant doit être à la fois :

  • Un facilitateur d’apprentissage : qui va créer une ambiance de confiance et de sécurité psychologique où chacun va pouvoir s’exprimer librement. Il va pour cela être disponible, à l’écoute, tolérant en créant une relation de grande proximité. C’est une conception « holistique » de l’éducation de construction d’un savoir reprise notamment par les travaux du psychologue Jean Piaget (1896 - 1980).

  • Un pédagogue « constructiviste : qui va partir des conceptions du monde de l’apprenant pour le faire entrer dans les apprentissages à travers des environnements d’apprentissages stimulants pour les élèves et non pas « déverser » de façon uniforme un savoir que seuls les plus adaptés pourront s’approprier. Théorie développée notamment par le psychologue Lev Vygotski (1896 - 1934).

  • Un directeur de conscience humaniste : Le but étant de ne pas « isoler l’intellect de l’élève du reste de sa personne ». Cela revient à faire prendre conscience à l’élève de la dimension éthique de l’existence. Le professeur travaille avec les élèves sur les valeurs morales et humanistes.

Ces différentes facettes du rôle de l’enseignant sont en totale cohérence avec les objectifs de « l’éducation fondamentale ». De plus, elles permettent selon Paul Robert, de développer une plus forte autorité éducative que dans d’autres pays ainsi qu’une autorité de l’enseignant qui ne provient pas de la sanction mais du sentiment que l’enseignant aide l’élève à devenir lui-même. Il est à souligner que les élèves évaluent chaque année leur établissement et les professeurs.


6e critère de réussite : un système éducatif où l’école publique est légion

Le système éducatif finlandais est public à 97 % contrairement à la France où il représente 78,8 % (soit 21,20 % pour le privé)  des établissements scolaires. Or il semble indéniable que l’école privée en France, de par son coût et son mode de sélection va « retirer » de l’école publique un certain nombre d’élèves à majorité plus performants. Ceci va limiter l’effet naturel d’inclusion et d’émulation que l’on peut retrouver dans le modèle finlandais et contribuer à creuser davantage les inégalités entre les élèves, en réduisant « l’équité sociale ».

De plus, ce système éducatif quasi public et unique va faire que chaque acteur de l’éducation va s’investir dans la réussite de l’enseignement public national au sens large. Ce modèle va réduire la compétition entre les établissements et favoriser les échanges de « bonnes pratiques » entre les écoles.


7e critère de réussite : un faible taux de redoublement grâce au soutien personnalisé et à l’approche par modules


Le système d’éducation finlandais se caractérise par un faible taux de redoublement. Moins de 2 % des élèves qui terminent la neuvième année de l’enseignement général obligatoire à l’âge de 16 ans ont redoublé une année. Dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, le redoublement n’existe pas, car l’approche par modules se substitue à celle par année. Ainsi durant les trois années de lycée, l’élève doit choisir pour son « baccalauréat » la validation de soixante-quinze modules dont quarante-cinq se font dans le cadre d’un tronc commun et trente sont au choix. Le baccalauréat est obtenu si au moins les deux tiers des soixante-quinze cours sont validés et si quatre des épreuves (du baccalauréat) ont été validées en « niveau avancé ». De plus, l’élève a entre deux et quatre ans (pour les élèves les plus lents) pour valider ces différents modules. Ce système de validation des épreuves par étapes a mis fin au redoublement (coûteux) au lycée ; cependant beaucoup d’élèves préparent le baccalauréat en quatre ans pour alléger leurs emplois du temps et leurs cours, ce qui rend le système plus coûteux… Depuis de nombreuses années, l’apprentissage individualisé et l’enseignement différencié sont des principes fondamentaux de l’organisation de la scolarité. Les caractéristiques des élèves, notamment la personnalité, les aptitudes et les orientations sont prises en compte dans la conception des environnements d’apprentissage et le choix des méthodes pédagogiques dans les établissements. Ceci afin de permettre à tous les élèves d’améliorer leur apprentissage. Ainsi, dans le cadre de sa scolarité, chaque enfant a le droit de recevoir un soutien personnalisé individualisé et différencié fourni par des professionnels formés.


Des vertus issues de la pédagogie et des enseignants


8e critère de réussite : l’apprentissage de l’autonomie à travers le choix des études

Les élèves finlandais rentrent à l’école un an plus tard que les élèves français car l’école n’est obligatoire qu’à partir de 7 ans. Avant, on privilégie les activités ludiques en maternelle ou en année « pré-primaire » offerte aux enfants de 6 ans. Ainsi, les élèves finlandais sont donc plus matures que les français au début de leurs apprentissages scolaires. Dès l’âge de 13 ans, les élèves ont dans leur emploi du temps des séances planifiées avec un conseiller d’orientation. C’est donc à partir de cet âge que les élèves choisissent des matières optionnelles (qui dépendent des choix offerts par la municipalité) et qui vont orienter leurs études futures.

De même au lycée, comme vu précédemment, ils devront composer leur programme de quarante-cinq modules parmi les soixante-quinze attendus pour leur baccalauréat.

Ces choix accompagnés, mais précoces, favorisent l’autonomie. Comme mentionné précédemment c’est à la fin de la 9e année d’étude (ce qui correspond à notre fin de collège) que les élèves s’orientent vers des études générales ou la voie professionnelle.

L’inscription dans les lycées généraux est très sélective (il existe parfois un examen d’entrée) car certaines sections sont difficiles à obtenir. Il est à noter que dans les lycées professionnels, l’accent est mis sur la création d’entreprise et qu’il existe plusieurs passerelles entre les lycées généraux et professionnels grâce à des équivalences ; ainsi aucune orientation n’est définitive. Tout ce travail effectué avec l’élève sur ses choix dès l’âge de 13 ans a prouvé, qu’au-delà du développement de l’autonomie, cela évitait aux élèves finlandais des erreurs d’orientation en études supérieures.


9e critère de réussite : des durées et des séances favorisant la performance de l’élève

Dans les établissements finlandais, le rythme des séances est calé sur la capacité de concentration des élèves ; ainsi, les séances de cours ne durent que 45 mn et sont suivies de 15 mn de pause. Pour les élèves du niveau « collège » (école secondaire inférieure), les cours sont au nombre de six séquences par jour, sur cinq jours. Les élèves français ont en moyenne deux heures de plus par semaine. La sortie de classe en Finlande se fait entre 14h et 15h et le temps prévu pour les « devoirs maison » n’est que de 5h par semaine ce qui est bien inférieur aux autres pays de l’OCDE. Au lycée, les emplois du temps sont organisés pour six semaines afin de permettre la validation d’un module. Chaque module est constitué de 38 séquences de 45 mn ou 18 séquences de 75 mn. Bien que le nombre d’heures d’instructions obligatoires pour un enfant français soit supérieur à celui d’un élève finlandais, les élèves finlandais réussissent « mieux » en travaillant moins car « les heures d’enseignement sont utilisées de façon efficace » principalement par le fait qu’en primaire et au collège il n’y a aucun cours « magistral ». En effet, les élèves sont mis en activité, seul ou par groupe et le professeur n’est qu’une « ressource parmi d’autres » qui va solliciter la participation des élèves et sera attentif à leurs demandes. De plus, selon un ancien dicton finlandais « les choses que l’on apprend sans joie s’oublient vite », ainsi une part importante des apprentissages se fait à travers des activités ludiques, intéressantes et qui ont toujours un sens pour l’élève. Au lycée, les cours sont plus magistraux car chaque cours modulaire doit répondre à un objectif programmatique. Ainsi en mobilisant moins d’heures de cours et de travail à la maison, les élèves finlandais atteignent un meilleur niveau de performance grâce aux rythmes scolaires et aux pédagogies mis en œuvre.


10e critère de réussite : l’égalité des chances en « primaire - collège » ; chaque élève est important

Comme partout ailleurs, certains élèves nécessitent au niveau primaire et collège une prise en charge particulière. Ainsi, afin de repérer en amont les difficultés éventuelles, il existe une coopération importante entre les années « primaires » et les années « collège », car l’enseignement se fait dans une structure unique. Très rapidement, en cas de repérage de problème, un dispositif de remédiation adapté est mis en place. Cette aide peut être individualisée ou collective et porter sur différentes matières (mathématiques, langue maternelle…). Elle est mise en place grâce à l’intervention d’assistants d’éducation ou d’enseignants spécialisés qui vont accompagner pour le temps nécessaire, trois ou quatre élèves (sortis de leur classe) ayant des problèmes spécifiques. Une fois le retard de l’acquisition comblé, l’élève retourne dans sa classe. Il est à noter qu’environ 22 % des élèves finlandais ont eu à un moment ou à un autre une éducation spécialisée à temps partiel, 6 % dans le cadre de classe spéciale et 2 % en école spécialisée. Plus la détection d’un problème est précoce, plus la remédiation et les aides pourront être adaptées et efficaces. On constate ainsi qu’à partir de l’âge de 10 ans le nombre de remédiation est divisé par deux. Ainsi la remédiation a permis l’abandon des redoublements jusqu’au lycée. De plus, avant les années lycée les établissements appliquent également une pédagogie différenciée, ainsi les élèves qui ont des besoins particuliers sont regroupés ensemble dans des classes de dix élèves. Le coût de cette adaptation notamment dans l’éducation secondaire inférieure (collège) est compensé par les « économies faites » grâce au faible taux de redoublement, l’absence de vie scolaire, de corps d’inspection et une administration très décentralisée.

Le coût de l’année scolaire par élève en France et en Finlande est à peu près équivalent. Enfin il est à noter que la cantine est gratuite pour tous, dans le but de favoriser l’égalité des chances. Il en est de même pour le transport, toutes les fournitures (stylo, colle…) et les manuels. D’après Paul Robert ce renforcement de la dimension « holistique » du système éducatif vient compenser un délitement familial et social dans les familles finlandaises (harcèlement à l’école, déstructuration familiale). L’école favorisant ainsi le « développement des compétences émotionnelles, sociales, éthiques et esthétiques ».


11e critère de réussite : une relation de promiscuité et de confiance avec les enseignants

Les professeurs suivent les groupes-classes sur plusieurs années ce qui permet de tisser des liens plus forts. Il est fréquent que les professeurs répondent aux questions des élèves le soir sur leur portable. La relation de promiscuité est accentuée par la mise en place de journées à thèmes à l’école. Ces évènements permettent de lisser les inégalités et de souder la communauté « classe » ou « établissement » tout en contribuant à son identité. Il a été noté par plusieurs témoins, notamment Paul Robert que les professeurs sont beaucoup plus tolérants vis-à-vis des écarts de comportements en classe. Il rapporte à titre d’exemple qu’un enseignant laisse une élève tresser un scoubidou en cours. Et chose étonnante pour nous Français, comme il n’existe pas dans les lycées finlandais de « vie scolaire », si un enseignant décide de mettre en retenue un élève, cela se fera toujours sous sa propre surveillance.

Enfin dans le cadre des sanctions, une exclusion de trois mois maximum peut être décidée par le chef d’établissement avec obligation pour l’élève (avec l’aide de ses enseignants) de poursuivre son apprentissage à la maison.


12e critère de réussite : un système d’évaluation motivant

Dans le système scolaire finlandais, de la primaire au lycée, les notes vont de 4 à 10, il n’y a jamais de zéro ni de note inférieure à 4. Le 8 est considéré comme une bonne performance. En primaire-collège, les élèves sont très peu évalués par des notes qui ne sont pas toujours rendues publiques. Ainsi, l’élève finlandais ne voit pas son travail régulièrement sanctionné par une note qui peut s’avérer anxiogène. De plus, l’évaluation va mentionner avant tout les « acquisitions » et ne pas s’appesantir sur les « manquements » qui feront eux l’objet d’une remédiation si nécessaire. Cette approche augmente la confiance en soi et limite le stress. Au lycée, l’approche est différente ; à la fin de chaque session qui dure chacune six semaines, une semaine est réservée aux évaluations, les élèves passent ainsi entre neuf heures et douze heures d’examens. Pour avoir le certificat de fin d’études secondaires nécessaire à « l’examen de matriculation » (baccalauréat), il faut valider les deux tiers des modules de chaque discipline. Il est de plus possible de repasser un examen de « repêchage », le « resist exam » à la fin de la période. Lors de l’examen de matriculation, les notes vont de 1 à 7 et chaque épreuve peut être passée deux fois par an car il existe deux sessions d’examen chaque année. Ainsi, bien que le lycée finlandais soit relativement sélectif (contrairement aux années « primaire » et « collège » où la remédiation est de rigueur), le baccalauréat peut être modulé et repassé dans la même année ce qui réduit le caractère anxiogène de l’épreuve.


Conclusion

Trop souvent c’est avec scepticisme que l’on tente d’expliquer la performance de l’école finlandaise : par la « petite » taille du pays (or des pays plus petits ne réussissent pas aussi bien), par la faible densité de population (or ceci correspond plus à un handicap pour homogénéiser l’offre éducative), par une faible immigration (or l’immigration représente 5,8 % de la population en 2017 et dans certaines régions ce taux peut être supérieur à 30 % dans les écoles)… Alors que la véritable raison de sa réussite est ailleurs.

Elle s’explique par de nombreux critères relevant tant de son histoire et du rôle assigné à l’école, que de l’autonomie et du travail pédagogique des enseignants animés d’une volonté de favoriser une véritable égalité des chances pour tous ses élèves dès l’âge de sept ans.


Est-ce un modèle transposable ?


Nous avons vu que plusieurs critères de réussite peuvent être mis en œuvre au niveau d’une classe ou d’un établissement. D’autres, qui dépendent pour certains de politiques volontaristes nationales ont été donnés à la France en tant que défis par l’OCDE, on peut citer à titre d’exemple, « limiter le redoublement en allant vers une plus grande personnalisation de l’enseignement », « continuer à renforcer les connaissances des enseignants sur le volet pédagogique du métier dans le cadre de leur formation initiale et renforcer l’importance du volet pédagogique dans l’examen final », « approfondir la réflexion sur le statut des enseignants (salaire, temps de travail, incitations pour travailler dans les établissements difficiles...) »...Ainsi, nombreux sont les critères qui se rejoignent sur le rôle primordial de l’enseignant. Espérons, qu’avec le temps, plus de moyens (dans tous les sens du terme) seront donnés à l’enseignant français pour qu’il puisse devenir et être reconnu lui aussi comme un « facilitateur d’apprentissage », un « pédagogue constructiviste », voire un « directeur de conscience humaniste » et contribuer à offrir à la France une école qui, tant du point de vue de l’enseignant que de l’élève nous fait tellement envie…


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