LA CORRUPTION DANS LA POLITIQUE FRANÇAISE

La France est-elle de plus en plus corrompue ?


Classement de la corruption dans le monde : la France recule de deux places

Selon l'ONG Transparency International qui a rendu public, ce jeudi 23 janvier 2020, son classement annuel de l’indice de perception de la corruption (IPC) : la France recule de deux places par rapport à 2019 et se classe 23éme, derrière l’Uruguay et les Emirats Arabes Unis mais juste devant les États-Unis.


Chaque année depuis 1995, l’ONG établit un "indice de perception de la corruption" afin de mesurer les perceptions de la corruption dans le secteur public perçue dans les administrations publiques et la classe politique de 180 pays et territoires du monde.


Parmi les meilleurs élèves, la Nouvelle-Zélande et le Danemark en tête.

Quand à la France elle est positionnée à la 23éme place. "Il nous semble que la volonté politique fasse un peu défaut" en France, a déploré sur France Info Marc-André Feffer, président de Transparency France. Pour Marc-André Feffer, si la lutte contre la corruption a pu être une priorité en France auparavant, "nous avons le sentiment que ça l'est moins, que ça n'est pas à l'agenda des décideurs".


Un score plus proche de zéro correspond à plus de corruption, et un score élevé à moins de corruption. Les pays qui ont les scores les plus élevés sont la Nouvelle-Zélande et le Danemark, tous deux avec un score de 87, suivis de la Finlande (86), Singapour (85), la Suède (85) et la Suisse (85). En dernière position, la Somalie atteint seulement 9 points.

Le score de la France est de 69 cette année contre 72 il y a un an.


"Les pays où les réglementations sur le financement des campagnes sont plus strictes ont des niveaux de corruption plus faibles, comme le montre l’IPC" indique l’ONG.

À l’inverse des pays avec des scores plus douloureux  "montrent également une concentration plus élevée du pouvoir politique parmi les citoyens fortunés".


Intensifier ses efforts en matière de lutte

" Dans l’ensemble, il y a une perception populaire inquiétante selon laquelle les riches achèteraient les élections, à la fois dans certains des pays les moins bien notés sur l’IPC, ainsi que dans certains pays qui ont un score plus élevé, comme les États-Unis " relève Transparency International. Dans le classement, les États-Unis perdent également deux points cette année.


Début Mai 2020, un rapport du groupe d’États contre la corruption du Conseil de l’Europe (Greco) appelait de son côté la France à intensifier ses efforts en matière de lutte contre la corruption. 


Relevant " l’attente croissante des citoyens quant à l’exemplarité des membres de l’Exécutif qui est palpable en France ", il pointait notamment des "zones grises" dans le dispositif français, notamment " au sein de l’exécutif ", en dépit d’évolutions positives comme la création de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (Hatvp) et de l’Agence française anticorruption (Afa) ou le parquet national financier (PNF). .


Il appelait notamment la France à étendre son dispositif de détection de la corruption "au cabinet du Président de la République".  " Une plus grande transparence s’impose quant aux contacts entre l’Exécutif et les groupes d’intérêts afin que leur influence sur la prise de décision soit plus claire. Les membres de l’Exécutif, y compris le Président de la République, devraient donc faire état publiquement et à intervalles réguliers des lobbyistes rencontrés et des questions abordées " indiquait encore le rapport.


France Info : La France a perdu deux places dans votre classement depuis l’année dernière. Comment expliquez-vous cela ?


Marc-André Feffer : Depuis plusieurs années, un certain nombre de lois sont venues pour lutter contre la corruption, comme la loi de 2013, la loi dite "Sapin 2", la loi sur la transparence de la vie publique. Ce que l’on constate, c’est que la perception que les milieux économiques ont de la corruption s’est à nouveau un peu dégradée.


Nous avons maintenant les moyens juridiques, nous devons avoir les moyens financiers pour le Parquet national financier, pour la justice, pour l’agence française anti-corruption.


Nous militons pour que, dans les grandes collectivités locales, soit mis en place un plan de lutte contre la corruption. Nous souhaitons aussi que le lobbying soit plus transparent. Nous militons aussi pour que les agendas des ministres, des membres des cabinets ministériels et des parlementaires, lorsqu’ils reçoivent des lobbyistes, soient rendus publics. Nous militons également pour que le financement de la vie politique soit revu et que notamment dans le financement des campagnes électorales, un rôle plus important soit donné à la commission de contrôle pour éviter les problèmes, voire les scandales, qui ont eu lieu lors des différentes élections présidentielles. Voilà un bouquet de mesures qui sont à portées de main, mais pour lesquelles il nous semble que la volonté politique française fasse un peu défaut.


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