LA FINANCE

Mis à jour : mai 24

BlackRock : en pleine crise sanitaire, la multinationale américaine, spécialisée dans la gestion d’actifs, a remporté un contrat pour étudier comment l'UE pourrait intégrer au mieux les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance dans sa supervision bancaire.

En France, BlackRock est connue pour s’être invitée dans la réforme des retraites.

La multinationale avait envoyé une série de recommandations au gouvernement français en juin 2019, plusieurs députés se posent des questions sur l’influence du plus grand fonds de pension au monde sur la mise en place du régime de retraite universel. Les gilets jaunes ont également été des lanceurs d'alerte sur le sujet.


La multinationale américaine, qui avait dû s’expliquer pour son rôle dans ce délicat dossier, se retrouve à nouveau pointée du doigt, mais cette fois au niveau européen.

Spécialisée dans la gestion d’actifs, elle a battu huit autres candidats dans un appel d’offres de la Commission européenne. Dans les mois à venir, le Financial Markets Advisory (FMA) de BlackRock va étudier comment l'Union européenne pourrait intégrer au mieux les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance dans sa supervision bancaire, moyennant un contrat estimé à 550.000 euros. Cependant des conflits d’intérêts potentiels sont évoqués ici.


La multinationale est le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, avec 7.430 milliards de dollars sous gestion au 31 décembre 2019.

Parmi ces actifs, un grand nombre appartiendrait à des sociétés spécialisées dans les combustibles fossiles. BlackRock serait aussi l’un des trois principaux investisseurs dans huit des plus grandes sociétés pétrolières et dans douze des banques les plus importantes au monde. De quoi susciter des interrogations de la part d’observateurs, car les décisions prises par les régulateurs bancaires européens pourraient avoir des répercussions sur les sociétés dont BlackRock gèrent les actifs ou détient des actions. “ Par exemple, le relâchement des restrictions sur les prêts bancaires aux entreprises alimentant la crise climatique pourrait profiter aux sociétés pétrolières et aux prêteurs”.


BlackRock et l'UE se défendent

"Nous ne savons pas pourquoi la Commission européenne a pensé qu'il n’y aurait pas un énorme conflit d'intérêts avec ce choix”, assène Katrin Ganswindt, militante d’Urgewald, une organisation à but non lucratif pour l'environnement et les droits de l'homme, dans les colonnes du Guardian. Un porte-parole de la Commission européenne a défendu le choix de BlackRock, expliquant que leur offre était meilleure que celles de leurs concurrents.

L’étude de la société américaine ne sera dans tous les cas qu’une des contributions à l’élaboration des politiques européennes dans ce dossier, a-t-il précisé.

BlackRock, déjà critiqué par le passé pour avoir bloqué les progrès sur les questions environnementales, a assuré de son côté que son entité FMA fonctionnait séparément de l'unité de gestion des investissements. Reste à voir si ces explications rassureront les plus sceptiques...


Grâce à cette manne financière, le groupe a mis le grappin sur de nombreuses multinationales. Actuellement, BlackRock est également présent dans le capital d’Apple, de Microsoft, de Facebook, de McDonald’s, de Siemens, ainsi que de nombreuses entreprises du CAC 40. Non content d’investir dans les entreprises les mieux cotées du monde, le gestionnaire d’actifs est aussi dans les petits papiers de gouverneurs de banques centrales, de ministres des finances et même de chefs d’État, à qui il prodigue de précieux conseils. Et pour cause : il dispose non seulement des meilleurs experts financiers mais aussi d’un algorithme de prévision conjoncturel sans égal : ALADDIN.

Lors de la crise financière de 2008, de nombreux gouvernements proches du naufrage avaient fait appel au groupe de Larry Fink, ce qui lui a permis de renforcer son emprise sur l’économie mondiale et de présenter à tous le visage d’une entreprise providentielle…


L'accord entre l'Union européenne et Blackrock en pleine pandémie du COVID-19 doit-il nous inquiéter ?


Empire tentaculaire

Dans la société civile, personne ne s'inquiète de la position ultra-dominante du groupe, désormais capable d’influer sur l’économie mondiale et de souffler à l’oreille des décideurs. Son outil phare, ALADDIN, représente également une source d’inquiétude : il pousse à une uniformisation de l’investissement mondial, ce qui pourrait amplifier l’effet domino à la prochaine crise financière.


Nous vous invitons à regarder ce reportage sur Blackrock diffusé sur ARTE

(septembre 2019)


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