L'AGRICULTURE DE DEMAIN

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, il faudra augmenter la production agricole de 70 % d’ici à 2050 pour pouvoir nourrir 9,1 milliards de personnes.

Le défi de demain a donc plusieurs dimensions : il faut produire plus pour nourrir plus de bouches,

en assurant pour tous un régime alimentaire équilibré et en respectant davantage l’environnement.

Cela passe par une agriculture qui consomme moins d’énergie (et d’autres énergies que le pétrole), 

moins d’eau, et préserve l’eau et la qualité des sols.

Mais les changements viendront également de nos choix de consommation et de nos comportements.

Toutes les solutions durables

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raisons de passer à une agriculture durable

Quand il s’agit de parler de nourriture, j’ai toujours plein de choses à dire et j’ai toujours envie d’en apprendre plus. Je trouve que la question des pratiques alimentaires, que ce soit en termes de production ou de consommation, est vraiment complexe et on ne sait plus trop où donner de la tête. Aujourd’hui, on parle d’agriculture, pour comprendre ce qui cloche et pourquoi il faut changer.

 

L’agriculture telle qu’on la connaît aujourd’hui est le résultat de la “Révolution Verte”, associée à l’avancée technologique et à la politique de transformation des agricultures des pays émergents qui a eu lieu dès les années 60. Cette révolution s’est caractérisée par un accroissement spectaculaire des rendements agricoles, notamment grâce à la sélection de variétés à hauts rendements,

la mise en place de l’irrigation et l’introduction de fertilisants et de pesticides.

Si cela a permis de nourrir une population grandissante en cette période d’après guerre et d’éviter la famine (on ne peut pas lui enlever ça), on ne peut pas négliger les impacts négatifs engendrés par l’agriculture moderne.

Au niveau environnemental

1.

L'agriculture moderne cause l’appauvrissement et l’érosion des sols.

Je ne suis pas agronome, mais Claude Bourguignon, oui. Il nous explique les conséquences de l’agriculture moderne

sur les sols dans cette vidéo très intéressante. Le chiffre principal que j’en ai retenu est qu’en “un siècle nous avons détruit autant de terres qu’en 6000 ans d’agriculture qui nous ont précédées”.

2.

L'agriculture moderne pollue et détruit les écosystèmes, avec principalement les pesticides qui se retrouvent dans les sols, rivières et océans, et les gaz à effets de serre provenant des élevages (comme le méthane relâché par la rumination des vaches) et des transports (CO2) qui se retrouve dans l’atmosphère.

3.

Elle entraîne une perte importante de biodiversité, notamment les abeilles, essentielles dans le mécanisme de reproduction des plantes et donc à la production de notre alimentation, et les vers de terres, essentiels au renouvellement des sols.

4.

Elle surexploite les ressources : l’eau pour l’irrigation et les élevages, l’énergie pour la production,

la transformation et les transports – avec une forte utilisation d’énergies fossiles polluantes

(pétrole en tête) – et les forêts, en déboisant au rythme alarmant de 13 millions d’hectare par an,

surtout dans les régions tropicales qui sont les plus importantes (entre autres parce qu’elles contiennent plus de la moitié de la biodiversité terrestre et permettent de réguler le climat. Rien que ça !).

5.

 Elle participe au dérèglement du climat qui résulte de tous ces phénomènes.

Sur le plan éthique, humain et social

6.

Elle génère de la pauvreté. Le nombre de paysans a chuté car l’utilisation des machines diminue le besoin de main d’œuvre, ce qui a engendré des exodes ruraux et la création de bidonvilles. La situation des paysans restants n’est pas meilleure pour autant : faible rémunération pour maintenir des prix bas, augmentation de leur endettement pour se procurer matériel, pesticides, carburant et semences et intensification de leur dépendance vis-à-vis des semenciers et de la grande distribution. Dans les pays en développement, les paysans souffrent aussi de l’accaparement de leurs terres par des investisseurs étrangers qui veulent créer une production vouée à l’exportation.

7.

Elle est basée sur les élevages intensifs, qui en plus d’être nocifs pour l’environnement et cruels envers les animaux, privent les pays en développement de leurs terres pour cultiver des céréales qui sont utilisées pour nourrir les bêtes. On est bien loin de la petite ferme familiale.

8.

Elle est dangereuse pour la santé par l’utilisation et la consommation de pesticides, comme l’augmentation des risques de maladie de Parkinson et de certains cancers. De nombreux pesticides sont aussi des perturbateurs endocriniens, qui sur la durée entraînent des déséquilibres hormonaux et peuvent conduire à l’infertilité, l’obésité, l’avancement de l’âge de la puberté etc. Sans oublier la grippe aviaire, la vache folle, les élevages aux hormones et antibiotiques et compagnie.

9.

Elle engendre un gaspillage alimentaire considérable. 30% de toute la nourriture produite est jetée ou perdue, 1,3 milliards de tonnes par an, dont 54% durant les phases de production et de manutention et stockage après-récolte.

10.

Elle entretient la faim dans le monde. Quoi ? Mais c’était pas le but de la révolution verte ?

Si, si. D’ailleurs, aujourd’hui on produit suffisamment de nourriture pour nourrir 12 milliards de personnes. Pourtant, plus de 800 millions de personnes souffrent de sous-alimentation ou de famine. 

(Chiffres de la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture).

Pourquoi ce paradoxe ?

A cause de tout ce que j’ai énuméré ci-dessus: un mode d’agriculture destructeur de la terre et de la situation des paysans, qui génère une perte d’un tiers de la production de nourriture, et qui s’est développé au service de l’agro-industrie et de ses multinationales qui mettent les bénéfices devant la sécurité alimentaire.

Et on continue de nous rabâcher qu’il faut produire plus et toujours plus et que les OGM et la monoculture sont la solution pour nourrir 9 milliards de personnes en 2050.

Pas besoin d’aller plus loin pour comprendre qu’encore une fois on marche sur la tête, qu’on complique tout et qu’il est temps d’aller voir ailleurs.

Les alternatives – qui fonctionnent !

Et ailleurs, il y a plein de bonnes idées, qui partent toutes du principe de produire tout en préservant les sols,

en respectant la nature, en limitant l’utilisation des ressources et en incluant la dimension humaine,

souvent oubliée elle aussi.

Dans la catégorie AGRICULTURE DURABLE,

j’appelle au podium :

 

l’agriculture bio,

l’agrosylvopastoralisme

et l’agroécologie.

L’agriculture biologique :

La plus connue, c’est un mode de production qui a recours à des pratiques culturales et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels (sols, biodiversité, air et eau). Elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, les OGM et limite l’emploi d’intrants.

Il existe quelques controverses sur le bio, notamment par rapport à certains pesticides naturels autorisés qui pourraient aussi avoir des effets nocifs sur l’environnement comme le cuivre ou l’huile de neem.

L’agrosylvopastoralisme :

si son nom est compliqué, c’est une méthode logique qui permet de concilier et de favoriser simultanément 3 productions complémentaires :  forêts, végétaux et animaux. Elle était auparavant très utilisée dans les pays en développement avant qu’on arrive avec nos gros sabots à coups d’agriculture moderne. C’est le modèle mis en avant pas Claude Bourguignon dans la vidéo plus haut, qui est selon lui le plus productif au monde par mètre carré.

NB : On parle aussi de sylvopastoralisme tout court pour parler d’une gestion forestière combinée à l’élevage des animaux et favorisée par elle, et d’agroforesterie pour désigner un mode d’exploitation de terres agricoles associant des plantations d’arbres dans des cultures ou des pâturages.

L’agroécologie est une agriculture qui est en symbiose avec la nature. Elle vise à offrir une alimentation de qualité, à préserver l’environnement et la biodiversité, mais aussi à rendre les sols plus productifs et tendre vers un cercle vertueux, à l’inverse de celui que l’on connaît actuellement (utiliser des pesticides car les sols sont appauvris à cause des pesticides).

Les principes sont simples : favoriser la fertilisation organique des sols, optimiser l’usage de l’eau, respecter la biodiversité, minimiser la libération de substances toxiques ou polluantes dans la nature, favoriser l’utilisation d’intrants locaux naturels, ne pas utiliser d’intrants chimiques, d’OGM et le moins d’énergies fossiles possibles.

Et en France, le pionner de cette agriculture écologique c’est Pierre Rabhi !

Plus de détails sur le site de son association Terre et Humanisme.

Pour lui, et il a bien raison, l‘agroécologie est “liée à une dimension profonde du respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à l’égard du vivant”.

(Comment ça je suis fan de Pierre Rabhi ? Je vois pas de quoi tu parles !)

Et pour faire définitivement pencher la balance…

La question qui nous taraude c’est : est ce qu’on peut nourrir la planète avec ces méthodes ?

La réponse est OUI !

La FAO nous informe que le bio peut nourrir la planète, qu’il est préférable au conventionnel

d’un point de vue social et environnemental, et elle encourage tous les pays à le développer.

L’ONU déclare aussi que l’agriculture écologique permettrait de doubler la production alimentaire en 10 ans.

En clair, c’est plus rentable que nos méthodes actuelles.

Et puis rien qu’en France, le bio permettrait de créer pas moins de 600 000 emplois,

selon Terre de Liens Normandie.

 

Le potentiel est là, qu’est-ce-qu’on attend ?

Merci à

Emma - Planet Addict

Exploratrice engagée.

pour ce magnifique article

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